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Charlie Hebdo prend la défense de Tex magazine et actualité culturelle en continu

Après le renvoi de Tex de son poste d'animateur des Z'Amours - faisant suite à sa blague sur les femmes battues - le journal satirique Charlie Hebdo lui manifeste son soutien dans un édito cuisant intitulé "Ma main dans ta gueule."

Tex, le célèbre animateur des Z'Amours a été suspendu de l'antenne de France 2 après sa blague sexiste, diffusée le 30 novembre dernier sur C8[1]. Une décision qui n'a pas plu à ceux qui y ont vu un acte de censure de la part de la chaîne. Accusé de "banalise(r) les violences conjugales" selon Marlène Schiappa, l'animateur s'était plaint à l'AFP d'une "réaction de la chaîne complètement disproportionnée.[2]"

Riss, le rédacteur en chef de Charlie Hebdo vient de prendre part à ce débat autour de la question de la liberté d'expression. Avec son édito cinglant, il défend le droit à l'humour, coûte que coûte. Et invective ceux qui "croient défendre le bien, mais ne défendent que leur servilité."

Ce qui compte, c'est de s'approprier une liberté et d'en faire usage 

Pour Riss, "qu'importe que les blagues soient drôles ou pas, qu'elles aient de l'esprit ou pas, qu'elles soient fines ou grossières. Ce qui compte, c'est de s'approprier une liberté et d'en faire usage: je ris, donc j'existe." Un credo largement défendu par le journal satirique, et plus encore depuis l'attentat de janvier 2015.

«Fini de rigoler, fini le second degré, fini l'humour noir. C'est ainsi. Par des juges invisibles tapis quelque part autour de vous, il a été décidé qu'il ne fallait plus rire en public avec ce genre d'humour", écrit Riss dans son édito.

Ma main dans ta gueule

Pour le rédacteur en chef de Charlie Hebdo, les réactions des spectateurs offensés relèvent d'une tyrannie de la morale. "Tous ces braves gens s'imaginent investis d'une moralité exemplaire et sublime qui leur donnerait le droit de dire ce qui doit exister et ce qui ne doit pas exister", écrit-il. Dans cette diatribe, tout le monde en prend pour son grade. Dénonçant la "vague autoritariste" qui sévit en France, il s'énerve contre ce pays "de lâches, de corbeaux et de délateurs, qui croient défendre le bien, mais ne défendent que leur servilité."

Et fait tomber sa sentence : "[les lâches] ont la prétention d'œuvrer pour un monde meilleur, mais ne font que le rendre plus stupide en l'infectant de leur propre bêtise."

Epoque révolue ? 

Pour Isabelle Veyrat-Masson, directrice de recherche au CNRS, "La mauvaise blague de Tex appartient à une époque révolue. Les sensibilités ont évolué, comme la société", a t-elle déclaré à l'AFP. Elle ajoute : "On ne peut pas tolérer n'importe quoi dans l'espace public." Quant à France 2, le média affirme avoir, à plusieurs reprises, mis en garde l'animateur pour ses propos inappropriés.

"J'ai détesté l'expression de blague douteuse, je ne vais pas me battre pour qu'elle entre au Panthéon mais je conteste qu'elle soit douteuse", avait déclaré Tex à l'AFP[3]. Soutenu par les humoristes Anne Roumanoff, Jean-Yves Lafesse et Stéphane Guillon, l'animateur appelle à signer une pétition pour le droit à rire de tout, via son compte Twitter.