Sports

Jaeger-LeCoultre Polo Masters 2013 à Mies

 

 

A Mies, le polo joue l’ouverture

Dimanche, l’écrin de verdure de Veytay résonnera des cavalcades et bruissera des coups de maillet. A l’occasion des finales du Polo Masters. Entrée libre. Curieux ne pas s’abstenir.

Grande comme douze terrains de football, la surface de jeu dévolue au polo à Mies ne laisse pas d’impressionner. Véritable havre de paix, ce domaine de 120 hectares, dont 55 de forêt, est niché entre Genève et Lausanne. «Pour les Argentins, habitués aux grands espaces, l’endroit ressemble à un potager!» glisse sur un ton badin Yves Luginbühl, maître des lieux et organisateur du Polo Masters. La compétition, 21e du nom, roule sur un budget de 250?000?francs.

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L’intéressé parle avec un enthousiasme mêlé d’emphase de ce sport très prisé en Amérique du Sud. «Je suis nostalgique du polo de campo que j’ai connu en Argentine. Là-bas, ce sport est érigé en mode de vie. Les Argentins naissent avec un maillet dans la main.» Buenos Aires possède le joueur le plus emblématique du polo, Adolfo Cambiaso, et le quartier de Palermo abrite dans sa «Catedral del Polo» le tournoi de l’année.

Comme le golf il y a trente ans
S’il cultive ses racines dans la pampa, le polo puise ses origines en Mésopotamie vers 2500 avant J.-C. «Il a été inventé pour occuper les soldats en temps de paix. Il y a d’ailleurs toujours quelque chose de guerrier dans le polo. Dans le feu de l’action, on a tendance à sortir de ses gonds.» Dans ce sport spectaculaire et télégénique, les coups pleuvent, les coups de maillet s’entend. La griserie de la vitesse – certaines actions se déroulent à 50?km/h – le dispute à la gestuelle et à l’esprit d’équipe.

Dimanche, à l’occasion des finales du Polo Masters, l’entrée sera libre. Une – bonne – occasion pour M. Tout-le-monde d’aiguiser sa curiosité et de vérifier la dextérité des poloïstes. Les spectateurs sont attendus par milliers. «Les gens accourent comme on vient voir passer le Tour de France!» Exagérer n’est pas mentir.

Du Tour à la garden-party
«Il y a aussi le côté garden- party.» Dans les tribunes, les belles toilettes et les grands chapeaux prennent position. Mélange des genres. «Chacun y trouve son compte et passe une bonne journée», assure Yves Luginbühl (53?ans), qui se plaît à croire que «le contexte actuel est favorable à l’épanouissement de ce sport.»

Pour lequel il milite, sans relâche, avec foi et conviction. «On parle encore du polo comme on le faisait du golf il y a trente ans. Mais on n’associe plus forcément son image à celle du prince Charles. Il faut du temps pour susciter des vocations.» Et de l’argent. «Pour jouer à un bon niveau, il faut débourser 30?000 à 40?000 francs par an. Mais vous savez, au Bol d’Or, il n’y a pas qu’Alinghi. Les Surprise sont aussi en lice.»

Créé il y a vingt ans, le Polo-Club de Veytay offre une belle vitrine de ce sport de ce côté-ci de la Sarine et un pendant à Saint-Moritz, Zurich et Gstaad.

Tout ce qu’il faut savoir

DE LONG EN LARGE 
Le polo se pratique sur un terrain engazonné long de 275?m et large de 145?m, comportant deux buts à chaque extrémité. La distance séparant les deux poteaux est de 7,50?m.

QUATUOR 
Chaque équipe est composée de quatre cavaliers montant des chevaux dont les queues sont tressées et les crinières rasées afin de 
ne pas gêner le mouvement du maillet.

CHEVAUX ARGENTINS 
Provenant pour la plupart d’Argentine, les chevaux sont fins, vifs, dociles et endurant. Ils sont de petite taille, entre 1,50?m et 1,60?m au garrot. Les «polo argentino» - c’est leur nom - atteignent leur maturité vers l’âge de 6 ou 7?ans.

PÉRIODE 
Un match se joue, selon la compétition, en quatre, six ou huit chukkers (ou périodes de jeu) de 7’30’’, séparés par une pause de trois minutes durant laquelle les joueurs changent de monture.

Après chaque réussite, les équipes changent de côté. En cas d’égalité, un chukker supplémentaire est disputé jusqu’à ce qu’un but soit marqué.

ÉQUIPEMENT 
Le joueur porte un casque, des bottes, des genouillères et est muni d’un maillet.

MAILLET 
En bambou, le maillet permet de frapper une balle en plastique (en cuir ou en bois à l’origine) d’un diamètre de 8,5?cm et d’un poids de 139?gr. Long d’environ 1,30?m, le maillet se tient obligatoirement dans la main droite.

MARQUAGE 
Un joueur a le droit de gêner un adversaire pour qu’il manque la balle. Le marquage peut-être brutal mais pas dangereux. Nuance. L’angle de collision ne doit pas excéder 45?degrés.

HANDICAP 
Chaque joueur se voit attribuer une valeur située entre -2 (débutants) à?+?10 (meilleurs joueurs du monde). Le handicap d’une équipe est égal à la somme des handicaps de quatre joueurs qui la constituent.

ARBITRAGE 
Deux arbitres à cheval surveillent la régularité du jeu. En cas de désaccord, ils peuvent en référer à un troisième arbitre qui se trouve en dehors du terrain et dont la décision est sans appel.

Source Patrick Testuz